Élections PRO 2018 – Des revendications pour les cadres

Contexte

La loi MAPTAM du 27 janvier 2014, puis la loi NOTRe du 7 août 2015 consacrent la vision libérale du découpage territorial de la France. Ces deux lois complémentaires sanctifient le couple « Métropole-Région » et ambitionnent de répondre à l’exigence des capitalistes : mettre en place des territoires capables de répondre aux appétits voraces des marchés.

Mise en concurrence des territoires

La réduction de l’offre des services publics et la baisse des effectifs de la fonction publique sont au coeur de la politique du gouvernement. E. Macron s’inscrit impitoyablement dans la continuité de N. Sarkozy et de F. Hollande avec 70 000 postes dans la Fonction publique territoriale à éradiquer et un objectif de 13 milliards d’euros de baisse des dépenses de fonctionnement des collectivités d’ici 2022.
À très court terme, cette vague de libéralisme et d’austérité sera lourde de conséquences pour les citoyen.ne.s-usager.ère.s, et plus particulièrement pour les plus fragiles, et les plus éloignés des centres de profits que constituent les métropoles.

Mise en concurrence des cadres

Les cadres sont en première ligne, entre le marteau et l’enclume. Ils sont les premiers à subir les effets dévastateurs de ces politiques et en sont dans le même temps les courroies de transmission.
Les transferts de compétences et de personnels, les mutualisations sont le prétexte à des réorganisations sans précédent. Ces réorganisations se renouvellent en permanence. L’austérité budgétaire est aussi partout l’argument justifiant les mutualisations (ex.: réforme de la régie routière). Ces mutualisations peuvent parfois avoir un sens en termes de services publics, mais sont généralement des occasions de réduire les effectifs, dans l’encadrement particulièrement.

Dans ce contexte, l’administration valorise exclusivement la figure du cadre « manager » aux dépens de l’expertise ou de l’ingénierie qui prévalaient jusqu’ici. Les cadres sont devenus désormais des gestionnaires de la pénurie, il faut faire mieux avec moins, et si l’objectif n’est pas atteint ils en sont directement redevables.

Très loin souvent des motivations qui les ont fait épouser la fonction publique, ils font face à la double perte du sens du travail et des valeurs.

Les collectifs de travail qui étaient consacrés hier comme source de l’efficacité du service public sont balayés au profit de logiques individuelles, tant dans l’exercice du travail que dans l’évolution des carrières.
Aussi, le modèle hiérarchique de prise de décision place de plus en plus les cadres dans une posture d’exécutant.e.s. Ils sont régulièrement dessaisis de leur expertise et de leurs missions d’aide à la décision et à l’élaboration des politiques publiques.

Alors en cas d’urgence n’oubliez pas de consulter le manuel de survie au management élaboré par l’union fédérales des ingénieurs cadres et techniciens.

La CGT revendique :

  • Le refus des retraits ou modifications de missions, des mises au placard, des évaluations individuelles négatives, des blocages de l’avancement et des promotions ou des mobilités brutales imposées.
  • Un « management » alternatif basé sur le sens, l’utilité du service public et l’Humain.
  • De véritables plans de prévention des risques psychosociaux chez les cadres et la mise en place un plan de lutte contre toutes les formes de discriminations ou de répressions syndicales.
  • La production de « réelles » études d’impact pour toute réorganisation à présenter au CHSCT.
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